Ce projet a commencé début 2006. Il n'était pas prémédité. Il est arrivé un peu par hasard à vrai dire. Laurine, l'héroïne, était en première année à Condé. Étant en deuxième année, je l'avais croisée dans les locaux sans jamais avoir eu l'occasion de lui parler vraiment. Cependant, ce petit personnage d'un mètre soixante quatre et demi ne m'a jamais laissé indifférent. J'ai très rapidement remarqué l'aura qui l'entourait et qui transformait les lieux dans lesquels elle se mouvait. C'est ce qui m'a poussé dans un premier temps à lui parler, malgré la fascination paralytique qu'elle exerçait sur moi. Ce qu'elle dégageait m'a rapidement inspiré un personnage parallèlement à la récente découverte d'un groupe musical à l'univers très onirique (Cocorosie). La première photo que je pense avoir faite de Laurine était argentique, ce devait être celle-ci (gauche) et la deuxième, une image numérique (droite)

En février, je lui ai proposé un shoot un peu atypique qui dans ma tête pouvait potentiellement déboucher sur quelque chose d'énorme mais dont je ne mesurais pas du tout l'envergure. C'était un 25 février, journée d'hiver type, ciel blanc avec quelques éclaircies et une température qui n'incitait pas à trainer trop longtemps à la même place. J'avais acheté un pantalon noir et 2 chemises pour l'occasion, ainsi qu'un crayon noir de maquillage et des lingettes démaquillantes (toujours penser au bien-être du modèle !). La prise de vue a commencé dans le 3e arrondissement de Lyon, sur les ruines d'un immeuble en cours de démolition. Elle s'est poursuivit par une brève escale à l'ile Barbe et elle s'est finit à Albigny, dans l'ancien hôpital gériatrique également en cours de démolition. J'ai "travaillé" avec un eos 350D (+28-75mm tamron) et un mamiya C330s (+80 mm). J'ai utilisé un film noir et blanc (développé moi-même) et un film positif provia 100 que Picto m'a complètement massacré en faisant un traitement croisé pas du tout souhaité ! Après scannage et moulinette dans photoshop, j'ai pu en tirer la couverture du livre final.

Suite à la prise de vue, je me suis enfermé pendant toutes les vacances qui ont suivi dans mon petit 27 m², dans le noir total la plupart du tout pour ne pas être influencé par les lumières extérieures. Il en est sorti un livre photo qui allait devenir mon projet de diplôme après quelques heureux évènements.
Pour ce qui est de la création pure, j'ai brodé l'histoire autour des images et non l'inverse. J'ai d'abord procédé à une retouche massive des images pour qu'elles aient un maximum de pêche, de cohésion et qu'elles plongent immédiatement le lecteur dans l'ambiance. Il y a donc eu passage systématique en noir et blanc pour la première partie du livre :

Puis retouche colorimétrique pour homogénéiser les différents lieux et renforcer le côté surréaliste :

 

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